Catégorie : Critiques

Si c’était si facile – Impression sur « Comment c’est loin »

Je chiale.

C’est même pas lié à un souvenir particulier, à une idée ou à une envie pas accomplie. C’est juste Comment c’est loin.

Je dis pas que ce film est triste ou quoi que ce soit. J’aurais même tendance à penser qu’il est au final optimiste, puisque certaines choses s’arrangent à la fin. Mais voilà, pour dire les choses comme elles sont, je chiale.

C’est juste ces deux hommes un peu ratés, qui vont dans tous ces extrêmes, qui ont toute cette violence autour d’eux, qui ne réagissent jamais, qui sont déjà désespérés au point de s’en foutre de tout. Et c’est surtout Orelsan et Gringe, c’est juste ces deux personnes-là, d’habitude un peu bouffonnes et comiques, dans un sens. Je les ai découverts avec Bloqués (la série), enfin dans un premier temps y avait surtout ce passage de Bloqués (la chanson) au concert du lycée, et puis je ne sais pas, ces deux-là, je voudrais les voir un jour. Je sais pas ce que je leur dirais, je connais pas le rap, je connais pas les gens, j’ai rien à voir avec ce genre d’univers, je suis plutôt du côté de ces bourges à la con qui ne voient pas les gens comme eux, qui passent à côté de tout ce qu’ils peuvent vivre, comme dans ce film, pourtant je les aime tellement. […]

Et là, j’écoute cette chanson, Si facile, en me demandant comment j’ai pu passer à côté de celle-là dans mon top. […]

J’ai l’envie, j’ai pas la volonté, c’est ça la catastrophe, et tout ce que je peux faire c’est écouter cette putain de chanson, qui est affreuse et géniale, et leurs voix, les voix de ces deux-là, je les aime tellement, je n’arrive pas à mettre les mots là-dessus, je ne vois pas la chanson passer, je vois juste la douce voix d’Orelsan, qui a je sais pas quoi de cynique et de cassant, mais qui est tellement douce et gentille, et celle rêche de Gringe, plus directe, plus froide d’un coup.

Et pourtant, il y a quelque chose de tellement subtil en eux.  Gringe qui est complètement léthargique, amer et qui donne une impression de haine, mais qui pourtant a un fond de nostalgie colérique, et Orel, qui même quand il donne l’impression d’«hausser le ton» dans les chansons, a quelque chose de lassé, il n’a pas la conviction de ce qu’il dit, mais c’est cohérent, c’est cohérent avec sa détresse. Parce que j’ai l’impression de voir des adultes en détresse, comme s’ils étaient en train de couler, mais qu’ils laissaient tout faire, j’ignore pourquoi, comme s’ils n’étaient pas capable de s’attacher à quelque chose. Ils ne voient même pas les SOS qu’ils envoient, parce qu’ils sont trop je ne sais quoi, pas blasés, comme immergés dedans, avec l’impression de blasé qui va avec. Mais quand tu les vois, il n’y a que deux branleurs qui t’apparaissent, pourtant il y a d’autres trucs en eux. Ça se voit.

En fait, je ne suis pas bonne pour la critique, et tout ce que vous voyez en gras, c’est ce que j’ajoute a posteriori. Maintenant que j’y pense, ce film explique aussi, sans le romantiser ni l’excuser, sans même montrer le processus, que deux hommes passent de gamins ambitieux à deux branleurs qui se font cracher dessus, qui sont amusants pour les autres, à force de rien faire, et même pour eux-mêmes, et qui pourtant subissent cette condition sans s’en apercevoir. Ils sont privés de quelque chose, ils sont tellement plongés dedans qu’ils s’y sont perdus et que c’est devenu leur schéma de vie. Si ça se trouve, je raconte des conneries, ou bien je mets beaucoup de mots sur quelque chose qui pourrait être résumé en peu, mais tout ce que j’ai envie de dire, c’est que je les aime, et que ce film était bon et juste.

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LE TOP 5 ACTUEL DE MES CHANSONS ET MUSIQUES PRÉFÉRÉES QUE PERSONNE N’A DEMANDÉ (MAIS QU’EST QUAND MÊME LÀ (PARCE QUE VA LE CASER AILLEURS QUE MON BLOG, CE CONCEPT (J’ATTENDS (CE TITRE EST SUPER AGRESSIF))))

Je… je crois que tout est dans le titre… ? du coup on y va ? On y va.

5) Le thème « Undertale », de Toby Fox. Est-ce que ça se voit que je suis une pacifiste à 110% ? Je suis une pacifiste à 110%. Ce jeu a été absolument magnifique à jouer la première fois, et maintenant j’aimerais tout oublier pour le redécouvrir à nouveau. Les musiques sont tops, les personnages sont tops, le quatrième mur brisé est top, et Toby Fox est probablement top aussi, pour autant que je sache. Mais en particulier, le passage dans lequel cette musique se joue (c’est vers la fin, je ne vais pas vous spoiler du coup), et la musique en elle-même m’ont secoué. Je dirais bien que je voudrais qu’on mette cette musique à mon enterrement, mais elle est trop triste, ce serait pas cool, mettez plutôt une chanson de A Very Potter Musical, comme ça les gens seront confus.

Quoi qu’il en soit, j’ai envie de faire un câlin à cette musique. Je pense que cette phrase est suffisamment éloquente sur mon état d’esprit.

4) Les Sirènes, de Mini Vague. Je l’ai découverte en décembre 2015, écoutée 10000 fois, et pourtant je l’aime encore, c’est dire. Bon, à l’époque, elle était première dans mon classement, faut dire qu’il faut avoir deux neurones pour penser que c’est une bonne idée d’écouter quelque chose qu’on aime en boucle. Pourtant, je l’adore.

Point découverte (ça me semble important de garder des souvenirs dans un coin, donc je le met ici) J’ai découvert Mini Vague grâce à un ami, comme je l’ai dit dans un des articles qui traînent dans ce blog, j’aimais beaucoup What a Day et Garden Flat, mais entretemps, il y a eu le deuxième EP qui est sorti. C’est-à-dire Le Choix de l’Autre, découvert avec ce teaser (https://youtu.be/3zaltjY8kLw) (je le réécoute au moment où j’écris ça et je me demande comment je peux l’avoir oubliée, cette chanson est cool) (autant leurs clips sont un peu particuliers, autant leurs chansons sont <3), Mékong (celle-là est vraiment top) et, du coup, Les Sirènes.

Et autant j’avais adoré Le Choix de l’Autre et Mékong, et avait été « meh » pour Ne Cadence Pas, autant Les Sirènes, j’ai chialé pendant des jours en l’écoutant. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas tellement ce qui m’émeut autant dans cette chanson. L’atmosphère marine, les paroles difficiles à interpréter mais qui racontent quand même une histoire triste… Je ne sais pas, mais après l’épisode de tristesse, j’en ai juste profité.

Vers préférés : « Non, je ne veux pas finir/Cette danse/Je n’ai pas saisi/Ma chance/Lorsqu’elle m’a souri/J’étouffe mon désir/Je veux rester là, rester seul au fond de la piscine »

3) On Melancholy Hill, de Gorillaz. 

Re-point découverte : Encore une fois, groupe découvert par l’intermédiaire d’un ami (qu’est-ce que je ferais sans mes amis, franchement), cette fois il y a seulement quelques mois (au début des vacances d’été). Mon ami m’a brossé l’histoire de ce groupe fictif, et à peine quelques heures plus tard, alors qu’on squattait chez quelqu’un, un clip dudit groupe était sur la télé via Youtube. Le clip en question était Rock The House, et, ouais, pour ceux qui connaissent, une gamine comme moi qui découvre Gorillaz avec le clip de Rock The House, c’est comme découvrir Disney avec Le Bossu de Notre Dame 2. Mais bon, l’alcool était avec moi (c’t’à dire deux bières (me jugez pas il était minuit)), alors j’ai continué à regarder ce que leurs musiques et clips pouvaient donner. J’avoue que j’ai d’abord plus aimé l’esthétique des personnages que les chansons, jusqu’à Feel Good Inc et Dirty Harry, et surtout jusqu’à On Melancholy Hill.

Anecdote : je suis sûre que gamine, j’avais vu ce clip à la télé entre deux tops 50, et déjà à l’époque j’adorais l’atmosphère bizarre et un peu triste. Je ne sais pas combien d’années il aura fallu attendre pour que je la retrouve, mais ça valait le coup. En plus de ça, j’ai un certain penchant pour les atmosphères marines, alors le clip me faisait d’autant plus aimer la chanson. Et maintenant que je suis plus grande et que j’adore Murdoc (oui, j’adore Murdoc (j’irais probablement en enfer pour ça (mais osef, lui aussi))), le voir aussi classe dans ce clip, là où d’habitude il est… voilà… (ne mentionnons pas Rock the House) me fait encore plus adorer On Melancholy Hill. Quand de base la chanson est géniale et se suffit à elle seule.

Vers préférés : « Well, you can’t get what you want/But you can get me/So let set out of sea/Cause you are my medicine/When you’re close to me »

2) Malidor, de Franck Monnet. J’ai littéralement découvert cette musique dans la partie remerciements d’une BD Seuls (comme une sale fangirl), et franchement, pour une découverte aussi random, cette chanson m’a marqué. Je ne sais pas trop pourquoi, c’est cette atmosphère étrange, la description d’une ville hors du monde et du temps (j’ai toujours adoré les atmosphères de lieu qu’on ne pourrait pas situer géographiquement ou temporellement). Et surtout, j’aime quand cette chanson s’emporte et ressemble à une bacchanale un peu glauque sans être inquiétante et où tout le monde prend son pied.

Vers préférés : « Ces pommes, ces tomates/Ces cageots de grappes/Ces dorades, goûtez-les (Goûtez-les !)/Ces troupeaux sauvages ne sont jamais malades/Ils paissent, ils gambadent/Goûtez-les ! (Goûtez-les !)/Au pays mystérieux de Malidor/Les nuits blanches volent en spirale jusqu’au port »

1) My Way to Go de Florent Dorin. Je ne sais plus exactement quand je l’ai découverte, mais je trouve que cette chanson me colle à la peau. Il y a quelque chose dans cette chanson d’une personne qui déserte ce à quoi elle est censée s’attacher, qui voyage, qui rêve. À préciser que je ne connaissais Florent Dorin que de son merveilleux Visiteur du Futur, avant, et malgré l’aspect mélancolique que le personnage pouvait laisser transparaître, c’est surtout son humour qui m’avait marquée. J’ai trouvé ça génial de découvrir d’autres facettes de lui dans ses chansons.

(Bon, ce n’est pas la seule de lui que j’aime, il y a aussi l’excellent How to Live with it, Rest My Head que j’aime surtout pour sa dernière minute, A Little Bit Longer, le classique de la fin de la saison 2 du VdF… Mais c’est celle-là à laquelle je relate le plus, notamment pour les vers ci-dessous)).

Vers préférés : « And please don’t shed a tear/Do not try to call out/When you’ll see me disappear/Just a shape through the window/Cause I’m nothing but a man /And you deserve better/Better than the best I can/I can offer »

Voilà, c’est tout ! Après, j’ai fait un top, mais je pense qu’à cela près, je les aime presque toutes autant (ce ne sont pas des enfants, donc je peux bien dire que j’en ai des préférées).

*Insérer chute d’article ici*

Archive (1) : Amok, par Alexis Moncorgé

Date : Octobre 2016

Comme je le fais aujourd’hui, j’étais occupée l’année dernière à rechercher quelques pièces croustillantes à me mettre sous la dent pendant l’année. C’est que ma première année de fac démarrait, ce qui signifiait ma première fois à devoir me fournir mon quota de théâtre mensuel, sans programme préconçu pour m’appuyer.

J’ai consulté le programme d’un théâtre ayant déjà fait ses preuves à mes yeux (soit la Cartoucherie de Vincennes, définitivement mon coin préféré pour le théâtre), mais j’ai également jeté un oeil au théâtre municipal, histoire de. (Car oui, comme un certain personnage du Visiteur du Futur, j’aime mêler l’utile à l’agréable).

Amok m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Remercions déjà l’affiche, qui en montre peu mais qui a fait un boulot efficace, et surtout le bref trailer paru. Croyez bien que si je n’étais pas déjà assez séduite par ce que le mensuel de ma ville m’en vendait (et, spoiler, j’étais déjà assez séduite par ce que le mensuel de ma ville m’en vendait), le trailer a tout à fait effacé tous les doutes que je pouvais encore avoir.

http://www.theatre-video.net/embed/IQi6yOHS

Bonus, cette pièce m’a même donné envie de lire le Stefan Sweig qui prenait la poussière dans ma bibliothèque sans que j’y ait jamais arrêté les yeux avant. Je n’avais lu que Le Joueur d’Échecs de cet auteur, et je ne regrette pas la lecture (bien que je me demande vraiment ce que cet auteur avait avec les voyages en bateau).

Je tiens à préciser que je n’avais jamais rien vu d’Alexis Moncorgé, mais que si je recroise ce nom dans une affiche de théâtre à l’avenir, ce sera moi, l’amok qui me précipiterais pour voir ce que cette pièce donnera. Amok est à l’origine un roman, en l’occurrence un monologue que monsieur Moncorgé a tout de même choisi d’interpréter seul sur scène, jouant également les personnages annexes et prenant à parti le public, qui remplace le protagoniste de l’histoire originale.

Alexis Moncorgé donc, sait non seulement gérer sa palette d’émotions mais également sa galerie de personnages. Je sais qu’au début j’avais un sentiment agaçant de surjeu (« Wow, calme, c’est pas si extraordinaire ce que tu racontes ») mais il sait nous emporter le moment venu. Je pense notamment au passage de description de la salle de bal, où sa voix seule a suffi à me faire figurer la pièce vaste, peut-être même sa lumière, là où la scène n’était qu’un clair obscur encombré de caisses en bois.

De plus, moi qui m’attache tant aux personnages et à leurs noms, d’habitude, je peux dire que pour un homme ne jouant que des personnages anonymes, il a su me convaincre de les apprécier.

Le protagoniste, celui, donc, qui nous raconte toute cette histoire de course folle pour retrouver une femme, est un médecin dans la fleur du cynisme et de la marginalité, un homme troublé et tellement amoureux que son sentiment frôle souvent la folie. Ce n’est pas l’Amour avec un grand A qu’on nous vend au supermarché les 14 février, c’est un amour qu’on a vite fait de comprendre, de situer, qui n’est pourtant pas vraiment nommé (comme les personnages), et qui naît d’un mélange de logique froide et de désir pur. Cette façon de présenter l’amour est plaisante, à mon goût.

Un homme parle seul sur scène pendant deux heures, et toute la route qu’il a parcourue défile sous vos yeux. Voilà ce qu’est l’Amok d’Alexis Moncorgé.

Ce qui fait un bon ship, par le professeur Dhiatzs

Les critères qui vont être énoncés sont évidemment tout à fait subjectifs. Les personnages et oeuvres qui vont être évoqués ne m’appartiennent pas, excepté mes chers persos-modèles,’ Claude et Dominique, qui m’aideront à appuyer ma thèse

Critère 1 : Pas d’amour dans un premier temps, ou alors à sens unique. Claude aime Dominique, mais Dominique l’ignore. Ou alors Claude aime Dominique, mais Dominique n’aime pas Claude, jusqu’à ce que Claude fasse quelque chose de grave cool qui fait que Dominique l’aime enfin. Un ship, c’est comme un vœu : on pourra l’envisager de mille façons, faudra tout de même attendre qu’il se réalise pour laisser éclater sa joie.
– Si Claude et Dominique sont amoureux dès le début, ce n’est pas un ship, c’est un couple, et il n’y a aucun intérêt à en tirer sous l’angle d’un ship, on a vite épuisé la chose.
– À moins que la relation amoureuse en question soit le thème central de l’oeuvre (comme dans Yandere Simulator, dont le but est la conquête de Senpai par le personnage éponyme (à grands coups de couteau et d’actions barbares, certes, mais la conquête amoureuse reste le but de base)), l’amour d’un des deux personnages envers l’autre ne doit pas se manifester immédiatement. Ou alors le scénario doit l’éclipser. Sinon on se retrouve face à une situation digne d’une téléréalité.

Critère 2 : Des personnalités qui sont aux antipodes l’une de l’autre, mais un but commun, ou au moins des méthodes différentes s’ils ont les mêmes visées et des personnalités similaires. Les deux personnages sont ainsi « éclatés par l’esprit, réunis par le coeur » (C bo ou c pas bo ske jdi).
– Comme exemple, j’ai le John x Sherlock, de la BBC, qui marche très bien. On a l’humain et ô combien ordinaire John Watson, et l’anormal sociopathe détaché d’autrui, Sherlock. Cet écart entre eux deux pourrait en apparence les faire diverger complètement, mais ils ont un but commun : la recherche de distraction, d’agitation dans leur quotidien ennuyeux (John, l’ex-soldat auquel la guerre manque, et Sherlock, que la constance a tendance à faire replonger dans la drogue).
– Attention : il est question de personnalité, pas de statut. Un pauvre avec un riche, c’est non à moins que leurs personnalités ne s’accordent à leur condition.

Critère 3 : Soit le ship est évident, soit il est tout à fait random. Soit je place énormément d’indices menant le lecteur à conclure à une possible relation amoureuse entre Dominique et Claude, soit non. Les indices peuvent arriver au fur et à mesure, mais ils doivent être présents.
– Exemple de ship évident : Katniss et Peeta, dans Hunger Games, qui sont d’emblée liés par les Hunger Games, et qui dévoilent en plus un passé commun.
– Exemple de ship tout à fait random : Tonks et Lupin, dans Harry Potter. Il n’est jamais évoqué auparavant, le Patronus de Tonks devient un loup et ses cheveux gris, ce qui pourrait vaguement mener le lecteur à l’idée du ship, mais il n’y a rien dans le roman qui fasse escompter ce ship. Les deux personnages n’ont pas de relation particulière évoquée, il n’y a pas de signe avant-coureur. Mais le ship marche, et même carrément, parce que même s’ils sont amoureux l’un de l’autre, le fait que le lecteur ne s’y soit pas attendu permet de creuser la piste de ce qui ne lui a pas été dévoilé.

Critère 4 : Les personnages doivent se connaître, s’être croisés une fois, ou du moins l’un des deux entend parler de l’autre par un intermédiaire. Bon ça peut sembler basique comme ça, mais je n’aurais jamais shippé Moriarty avec Sherlock (toujours la BBC (toujours)) s’ils ne s’étaient pas rencontrés avant la piscine. Ou Sherlock avec John si l’ami de John (qu’on voit que dans l’épisode 1 (et dont je ne connais pas le nom)) n’avait pas parlé de Sherlock à John avant. Et ça tombe bien parce que c’est le cas. Éventuellement un passé commun, en fait.

Critère 5 : Les deux personnages ont déjà partagé un truc awkward. Un dialogue inexpliqué, un moment gênant. En bref l’un des deux (ou les deux) doit avoir du dossier sur l’autre. Je sais pas pourquoi, ça c’est mon petit critère perso. J’aime bien.

Bref, je peux grâce à tout ces critères noter mes ships  préférés sur 5 et les classer ! Wooouh ! Oui bah ça vous sert à rien et alors ? Soyez contents pour moi que diable ! Satanés gouniafiés d’égoïstes.

Dhiatzs

Fin de l’Histoire à la Colline

Le soir où j’ai vu Fin de l’histoire, j’étais seulement accompagnée de mon prof de théâtre et d’une camarade du groupe, Juliette. Nos camarades n’avaient pas eu envie de venir, ou étaient tout simplement indisposés.

Nous étions allés une seule fois à la Colline, pour un spectacle intitulé « Il faut toujours terminer qu’est-ce qu’on a commencé », dans une salle à l’étage. Une des pièces m’ayant le moins plu, à cause d’une note d’intention lue en classe qui donnait un espoir que la mise en scène n’a en rien comblé à mes yeux. J’avais donc un mauvais pressentiment, alors que je discutais théâtre avec Juliette quelques minutes avant la représentation. C’était une belle soirée, cependant, et l’appréhension s’est dissipée. Je me suis vite dit que peu m’importait au fond la qualité de la pièce qu’on allait voir. Assister à une représentation, en soi, me ferait du bien.

Les places que notre professeur nous a donné nous positionnait très bien : près de la scène, au troisième rang, du côté gauche. Juliette et moi continuions de bavarder quand la voix d’une femme, amplifiée par un micro, s’est faite entendre. Elle annonçait une rencontre possible avec les comédiens à l’issue de la pièce ainsi que les autres formalités du théâtre, puis les comédiens ont pris le relais.

Il a suffi de cinq minutes de jeu des comédiens pour que toutes mes appréhensions disparaissent, ainsi que mes préjugés concernant le théâtre de la Colline.

D’abord, Witold se présente, et commence à faire une critique de la poésie. Je grimace un peu, je n’aime pas vraiment les monologues qui exposent des avis sur un aspect social,  mais me force à l’attention, au cas où ces  mots se révèlent importants par la suite.

Et il se fait interrompre par un autre comédien. Je dis bien comédien, parce qu’une seconde, j’ai été perplexe : le ton est tellement naturel et badin que je me suis demandé si c’était le personnage ou le comédien qui parlait. Mais non : les personnages, tout au long de la pièce, ont presque tous cette voix naturelle, normale. Les comédiens font parler leurs personnages avec la voix du quotidien, et sans aller jusqu’à dire que c’est un choix judicieux, il a bien été fait tout du long et c’était une idée appréciable. Seule Élise Lhomeau adoptait une voix inhabituelle (même pour une comédienne) pour jouer ses personnages, et étrangement ce décalage fonctionnait.

Witold, donc, est coupé par son père qui lui demande de le présenter aux spectateurs ainsi que le reste de la famille, et ce avec une attitude de papa soucieux et légèrement réprobateur qui tranche complètement avec le sérieux de Witold. Je souris : je ne sais pas encore si c’est du lard ou du cochon. Nous découvrons vite une communauté sans activité particulière sinon leur obsession pour leur propre morale. Le père est affreux, la mère désespérée, les frères et sœur de Witold, mauvais, mesquins, pathétiques et/ou dérangés. Witold, le benjamin, est l’unique artiste de cette famille, le rêveur parmi les terres-à-terre.    La mise en scène est assez simple : un hall de gare en est le décor, mais les seuls objets mouvants dont ils se servent véritablement sont les bancs de gare et les tables. Le déroulement de la pièce m’a laissé confuse, j’en ai retenu je pense l’essentiel : à travers son départ prochain pour l’Argentine, la rencontre de sa famille avec son amie Krysia et celle avec l’étrange Josek, le mode de pensée avant-gardiste de Witold se dévoile à sa famille, qui compte absolument le faire changer d’avis. Ainsi les membres de sa famille mettent en place un débat philosophique créé à partir des pensées des gens qu’ils incarnent, et vont jusqu’à rejouer un morceau de l’Histoire selon la pensée de Witold pour lui montrer la vacuité de cette dernière. Le jeu dans le jeu m’a beaucoup amusé, et même si beaucoup des blagues liées à des connaissances politiques que je n’ai pas m’ont échappé, j’ai quand même beaucoup ri. Cela ne garantit pas de la qualité de la pièce, mais cet aspect potache m’a plu.

J’ai tout aimé. Les personnages tous plus abominables les uns que les autres. L’errance et la pensée de Witold, avec laquelle je me sens en phase. Les étranges délires. Le fait que les personnages usent parfois de micros, parfois non, pour s’adresser les uns aux autres. L’évolution de la pièce. La scène avec les valises pour figurer des pays. Il y a bien sûr eu des passages que je voyais traîner en longueur, mais c’est simplement mon absence de concentration au cours des spectacles en général qui devait en être la cause.

Je n’ai toujours pas lu L’Histoire, dont cette pièce est en quelque sorte une continuité originale, mais j’en ai fortement envie.

La fin surtout m’a profondément marquée. La violence soudaine, les propos de la famille, la musique, les lumières, l’abandon de Krysia et Josek, la danse calme de Witold et la chute de terre, tous ces éléments enchaînés dans une confusion totale.

Je n’ai pas bien compris cette pièce, et je dois sembler bien ingénue à quiconque lit ce compte-rendu, mais j’ai découvert que la valeur d’une pièce, du moins d’ordre sentimental, et ce pour moi, ne se situe pas uniquement dans le jeu, la mise en scène. Bien sûr on peut dire des choses négatives sur cette interprétation. Mais personnellement le calme nostalgique dans lequel je me trouvais quand je suis sortie dans la rue après l’avoir vue ne tolère aucune vision négative de cette pièce, même après coup.

Malike.

Impression sur Woyzeck de Georg Büchner, mis en scène par Ismaël Tifouche Nieto à la Cartoucherie de Vincennes

That titre à rallonge.

J’avais fait un article à ce sujet sur le Nuage, peu avant de le supprimer. Ismaël Tifouche Nieto, même si je le connais depuis peu, ainsi que son travail, même si je n’ai vu qu’une seule de ses mises en scène, m’ont réellement frappé au point de vouloir le connaître plus et appréhender son travail.

J’ai la joie de parler avec lui de temps en temps sur Facebook et de l’avoir rencontré In Real Life juste après avoir assisté une seconde fois à sa mise en scène dont je vais vous parler, de Woyzeck de Georg Büchner. Il se trouve qu’en faisant des recherches pour compléter un dossier il est tombé sur ledit article, et il m’a complimenté dessus (et je suis morte à l’intérieur en y repensant parce que voilà *^*). Cependant peu de temps après j’ai supprimé le blog, et l’article du même coup (même si je l’ai encore sur Google Drive (jamais je le supprimerais nom d’une couenne une de mes idoles m’a complimenté dessus)).

J’ai pensé à republier cet article ici, mais l’idée me botte pas. Ce n’est que la première partie, ça inclurait que j’écrive la seconde, ce qui me donne des responsabilités vis à vis de ce blog (et flemme), et puis y a des détails de cet article qui me restent en travers de la gorge. Mais j’avais quand même envie de parler de cette mise en scène.

Je cherchais une solution à ce propos ces derniers temps, et puis à l’instant, en parcourant mes dossiers, je suis tombée sur un fichier Word « Woyzeck ». Je pensais que c’était l’article, mais en fait non. Et ça date d’un mois après, donc c’est formellement exact. Je vous le mets faute de mieux. Bonne lecture !


07/07/15

Je ne connaissais pas Woyzeck avant d’aller voir ce spectacle à la Cartoucherie. C’était le second spectacle que ma classe de théâtre et moi allions voir dans ce petit théâtre de Vincennes, semblable à un parc entouré d’écuries, qui en rien n’évoque le théâtre au premier abord.

Le premier que nous avons vu était le Revizor, de Gogol. Une interprétation riche et intéressante, originale comme l’ont été toutes les interprétations qu’on a vu, mais celle-là, à mon grand étonnement, n’avait pas su nourrir mes attentes de spectatrice. Pourtant, je l’ai beaucoup aimé, mais le souvenir que j’en ai aujourd’hui tandis que j’écris ces lignes est dérangeant, négatif. Je ne parviens pas à me l’expliquer.

Pour voir Woyzeck, j’étais venue avec Laurine, une très bonne amie, qui partage avec moi les plaisirs de la première littéraire théâtreuse. Elle me guidait, mon pauvre sens de l’orientation ne me permettant pas de prendre d’initiative. Non loin du bâtiment où plus tard nous assisterions au spectacle, nous avons croisé les autres filles de notre classe, dont une ne faisant pas partie du groupe théâtre, mais qui avait été invitée à cause d’une absence. Elles faisaient de la balançoire les unes après les autres, et nous nous sommes longuement amusées, avec elles, à nous balancer, nous pousser, nous filmer et nous prendre en photo en riant.

L’heure approchant, nous avons quitté la balançoire à regret et nous avons retrouvé notre professeur, à côté d’une femme avec laquelle il discutait, sur les rebords de pierre non loin du bâtiment. Nous nous sommes installés près de lui tandis qu’il nous expliquait qu’il nous avait entendues crier comme des enfants de notre balançoire. Nous avons lu les vers affichés à l’entrée du théâtre (que je devinais être ceux entamant « La Divine Comédie » de Dante, car ils finissaient par Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance). Je me souviens que la présence de ces vers m’avaient fait appréhender, à cause d’un autre spectacle concernant « La Divine Comédie », que je n’avais pas du tout apprécié. Il y avait un chat qui gambadait sur l’herbe haute derrière nous, et il a été ma seule préoccupation jusqu’à ce que le spectacle commence, en grande amoureuse des félins que je suis.

L’adaptation d’Ismaël Tifouche Nieto a été une réussite totale. On est fasciné du début à la fin, et quand la lumière s’éteint pour la dernière fois sur le fredonnement hypnotique de Woyzeck, on prie presque pour que ce ne soit pas terminé.

Quand j’ai voulu lire la pièce, plus tard, pour comprendre un peu le drôle de déroulement qu’il y avait dans le spectacle, j’ai pu m’expliquer certaines de mes incompréhensions. La pièce est un manuscrit, les scènes sont indépendantes les unes des autres, se relient pour former une histoire, mais dans l’interprétation l’histoire a un ordre logique.

Je sais qu’il y a un gouffre entre le ressenti d’un lecteur et celui d’un spectateur sur une pièce. Je sais que les personnages ont plus d’envergure dans une mise en scène, car le travail d’un adaptateur est de les modeler. Je sais que le travail d’un auteur de théâtre ne pourra jamais offrir un rendu comparable à celui d’un metteur en scène.

Mais quand j’ai lu Woyzeck, après l’avoir vu, le personnage éponyme s’est divisé dans mon esprit.

Dans l’interprétation d’Ismaël Tifouche Nieto, Woyzeck est beau et pathétique, et je résume aussi brièvement que je peux mon ressenti sur cet être. Dans la pièce écrite que j’ai lue, le personnage n’est pas du tout comme ça. Peut-être que la traduction que j’ai lue était trop stricte, trop littérale. Quoi qu’il en soit, à la lecture je l’ai considéré comme ironique. Moqueur, glacial, arrogant, fier de sa mauvaiseté.

Je ne vais pas m’étendre sur la pièce écrite, car face à ce Woyzeck si différent, j’ai été déconcertée et je me suis refusé à insister dans ma lecture.

Le Woyzeck d’Ismaël Tifouche Nieto était incroyable. Je n’ai pas de mot plus juste pour le décrire. Je n’avais jamais privilégié le personnage principal d’une pièce, ni même d’une fiction quelconque avant ma rencontre avec celui-ci.

Imaginez deux femmes qui se vouent la plus grande haine. Ces deux femmes sont mères. L’enfant d’une de ces mères souffre. L’autre mère voit la douleur de cet enfant, ressent de la compassion à son égard, mais sa haine pour sa rivale la mène à le rejeter.

Le sentiment de cette mère pour cet enfant, c’est ce que nous inspire le Woyzeck d’Ismaël Tifouche Nieto. Un mélange parfait d’attirance et de répulsion.

Adieu Marie, tu es belle comme le péché. Est-ce que le péché mortel peut être aussi beau ?

Je crois que jamais réplique ne m’a autant frappé que celle-ci.  La parole de Woyzeck y est l’émissaire de sa douleur et de son incompréhension. Et probablement de son remords prématuré à l’idée de ce qu’il va accomplir. Et les mots mêmes sont parfaits, sont simples et beaux, sont plus que ce qu’ils ne montrent. Cette réplique s’est imprimée en moi.

Woyzeck, tu es beau comme la folie. Est-ce que la folie humaine peut être aussi belle ?

C’est ce que je me suis dit. Woyzeck en est l’exemple parfait : car dans ce rejet et cette attirance, dans ce désespoir et cette douleur, dans cet abaissement, Woyzeck est à la fois fou et beau, le coupable le plus innocent, un homme simple persécuté pour ces crimes que sont la pauvreté et la folie.