Bienvenue, II : C’est toujours une demoiselle avec un chat…

… sauf qu’entretemps, la demoiselle est entrée à la fac.

Oui bon, ça fait deux ans que j’ai créé ce blog et j’ai l’impression de l’avoir à peine touché, mais je vous avais prévenu que la régularité n’était pas mon fort.

 

Je continue d’écrire, mes projets, j’ai découvert des séries, des films et des jeux vraiment sympas ces derniers temps (Undertale, Life is Strange et la saison 1 du jeu vidéo The Walking Dead). J’ai aussi rencontré des gens cools, vu IRL une amie rencontrée via Twitter, parlé à un comédien que j’apprécie énormément, et en ce moment, je commence un peu à découvrir les gens du site de la bande-dessinée Seuls (à laquelle je suis complètement addicte). Je suis partie en Finlande, aussi, quittant la France pour la première fois cet été. J’ai aussi continué ma vie à mon rythme, et je pense pouvoir dire que j’aime bien le chemin sur lequel je suis aujourd’hui.

(Ah et j’ai mangé mon premier Subway, bu mon premier Starbuck et dévoré mon premier Burgerking) (C’était le point bouffe (très important)).

Bref, je tiens à préciser que vous êtes toujours les bienvenus ici, du moment que vous ne pétez pas les reins et que vous parlez politique dans le respect de l’intégrité  physique et mentale de tous les trucs vivants de la planète.

Quant à l’avenir de ce blog, je vous avoue que le rythme que j’avais laissé me plaît bien, et que sans la pression d’abonnés réguliers comme dans d’autres sites, c’est assez apaisant de pouvoir venir et repartir à son rythme, comme le ressac. En tout cas ça vaut toujours mieux qu’une séance chez le psy (et ça coûte que dalle).

Je pense que je vais vous laisser ici, mes agneaux. Le prochain article que je suis en train d’écrire traitera de mon top 5 musical, ensuite je vais sans doute vous refiler un dessin et/ou un bout d’histoire/de fanfic. Passez une bonne journée, hydratez-vous bien et continuez vos projets !

 

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LE TOP 5 ACTUEL DE MES CHANSONS ET MUSIQUES PRÉFÉRÉES QUE PERSONNE N’A DEMANDÉ (MAIS QU’EST QUAND MÊME LÀ (PARCE QUE VA LE CASER AILLEURS QUE MON BLOG, CE CONCEPT (J’ATTENDS (CE TITRE EST SUPER AGRESSIF))))

Je… je crois que tout est dans le titre… ? du coup on y va ? On y va.

5) Le thème « Undertale », de Toby Fox. Est-ce que ça se voit que je suis une pacifiste à 110% ? Je suis une pacifiste à 110%. Ce jeu a été absolument magnifique à jouer la première fois, et maintenant j’aimerais tout oublier pour le redécouvrir à nouveau. Les musiques sont tops, les personnages sont tops, le quatrième mur brisé est top, et Toby Fox est probablement top aussi, pour autant que je sache. Mais en particulier, le passage dans lequel cette musique se joue (c’est vers la fin, je ne vais pas vous spoiler du coup), et la musique en elle-même m’ont secoué. Je dirais bien que je voudrais qu’on mette cette musique à mon enterrement, mais elle est trop triste, ce serait pas cool, mettez plutôt une chanson de A Very Potter Musical, comme ça les gens seront confus.

Quoi qu’il en soit, j’ai envie de faire un câlin à cette musique. Je pense que cette phrase est suffisamment éloquente sur mon état d’esprit.

4) Les Sirènes, de Mini Vague. Je l’ai découverte en décembre 2015, écoutée 10000 fois, et pourtant je l’aime encore, c’est dire. Bon, à l’époque, elle était première dans mon classement, faut dire qu’il faut avoir deux neurones pour penser que c’est une bonne idée d’écouter quelque chose qu’on aime en boucle. Pourtant, je l’adore.

Point découverte (ça me semble important de garder des souvenirs dans un coin, donc je le met ici) J’ai découvert Mini Vague grâce à un ami, comme je l’ai dit dans un des articles qui traînent dans ce blog, j’aimais beaucoup What a Day et Garden Flat, mais entretemps, il y a eu le deuxième EP qui est sorti. C’est-à-dire Le Choix de l’Autre, découvert avec ce teaser (https://youtu.be/3zaltjY8kLw) (je le réécoute au moment où j’écris ça et je me demande comment je peux l’avoir oubliée, cette chanson est cool) (autant leurs clips sont un peu particuliers, autant leurs chansons sont <3), Mékong (celle-là est vraiment top) et, du coup, Les Sirènes.

Et autant j’avais adoré Le Choix de l’Autre et Mékong, et avait été « meh » pour Ne Cadence Pas, autant Les Sirènes, j’ai chialé pendant des jours en l’écoutant. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas tellement ce qui m’émeut autant dans cette chanson. L’atmosphère marine, les paroles difficiles à interpréter mais qui racontent quand même une histoire triste… Je ne sais pas, mais après l’épisode de tristesse, j’en ai juste profité.

Vers préférés : « Non, je ne veux pas finir/Cette danse/Je n’ai pas saisi/Ma chance/Lorsqu’elle m’a souri/J’étouffe mon désir/Je veux rester là, rester seul au fond de la piscine »

3) On Melancholy Hill, de Gorillaz. 

Re-point découverte : Encore une fois, groupe découvert par l’intermédiaire d’un ami (qu’est-ce que je ferais sans mes amis, franchement), cette fois il y a seulement quelques mois (au début des vacances d’été). Mon ami m’a brossé l’histoire de ce groupe fictif, et à peine quelques heures plus tard, alors qu’on squattait chez quelqu’un, un clip dudit groupe était sur la télé via Youtube. Le clip en question était Rock The House, et, ouais, pour ceux qui connaissent, une gamine comme moi qui découvre Gorillaz avec le clip de Rock The House, c’est comme découvrir Disney avec Le Bossu de Notre Dame 2. Mais bon, l’alcool était avec moi (c’t’à dire deux bières (me jugez pas il était minuit)), alors j’ai continué à regarder ce que leurs musiques et clips pouvaient donner. J’avoue que j’ai d’abord plus aimé l’esthétique des personnages que les chansons, jusqu’à Feel Good Inc et Dirty Harry, et surtout jusqu’à On Melancholy Hill.

Anecdote : je suis sûre que gamine, j’avais vu ce clip à la télé entre deux tops 50, et déjà à l’époque j’adorais l’atmosphère bizarre et un peu triste. Je ne sais pas combien d’années il aura fallu attendre pour que je la retrouve, mais ça valait le coup. En plus de ça, j’ai un certain penchant pour les atmosphères marines, alors le clip me faisait d’autant plus aimer la chanson. Et maintenant que je suis plus grande et que j’adore Murdoc (oui, j’adore Murdoc (j’irais probablement en enfer pour ça (mais osef, lui aussi))), le voir aussi classe dans ce clip, là où d’habitude il est… voilà… (ne mentionnons pas Rock the House) me fait encore plus adorer On Melancholy Hill. Quand de base la chanson est géniale et se suffit à elle seule.

Vers préférés : « Well, you can’t get what you want/But you can get me/So let set out of sea/Cause you are my medicine/When you’re close to me »

2) Malidor, de Franck Monnet. J’ai littéralement découvert cette musique dans la partie remerciements d’une BD Seuls (comme une sale fangirl), et franchement, pour une découverte aussi random, cette chanson m’a marqué. Je ne sais pas trop pourquoi, c’est cette atmosphère étrange, la description d’une ville hors du monde et du temps (j’ai toujours adoré les atmosphères de lieu qu’on ne pourrait pas situer géographiquement ou temporellement). Et surtout, j’aime quand cette chanson s’emporte et ressemble à une bacchanale un peu glauque sans être inquiétante et où tout le monde prend son pied.

Vers préférés : « Ces pommes, ces tomates/Ces cageots de grappes/Ces dorades, goûtez-les (Goûtez-les !)/Ces troupeaux sauvages ne sont jamais malades/Ils paissent, ils gambadent/Goûtez-les ! (Goûtez-les !)/Au pays mystérieux de Malidor/Les nuits blanches volent en spirale jusqu’au port »

1) My Way to Go de Florent Dorin. Je ne sais plus exactement quand je l’ai découverte, mais je trouve que cette chanson me colle à la peau. Il y a quelque chose dans cette chanson d’une personne qui déserte ce à quoi elle est censée s’attacher, qui voyage, qui rêve. À préciser que je ne connaissais Florent Dorin que de son merveilleux Visiteur du Futur, avant, et malgré l’aspect mélancolique que le personnage pouvait laisser transparaître, c’est surtout son humour qui m’avait marquée. J’ai trouvé ça génial de découvrir d’autres facettes de lui dans ses chansons.

(Bon, ce n’est pas la seule de lui que j’aime, il y a aussi l’excellent How to Live with it, Rest My Head que j’aime surtout pour sa dernière minute, A Little Bit Longer, le classique de la fin de la saison 2 du VdF… Mais c’est celle-là à laquelle je relate le plus, notamment pour les vers ci-dessous)).

Vers préférés : « And please don’t shed a tear/Do not try to call out/When you’ll see me disappear/Just a shape through the window/Cause I’m nothing but a man /And you deserve better/Better than the best I can/I can offer »

Voilà, c’est tout ! Après, j’ai fait un top, mais je pense qu’à cela près, je les aime presque toutes autant (ce ne sont pas des enfants, donc je peux bien dire que j’en ai des préférées).

*Insérer chute d’article ici*

Dans le temps

Celle-là aussi commence à dater, mais après avoir découvert Undertale, j’aurais eu du mal à passer à côté d’un one-shot. Et en plus, j’aime beaucoup la relation qu’entretiennent Sans et Toriel.


 

Le vent frissonnait doucement entre les branches de l’olivier, et semblait caresser la nuque de Toriel, tandis qu’elle s’inclinait pour inspecter les fleurs.

Il avait plu toute la semaine. Pas une pluie torentielle et épaisse, ou bien ces quelques gouttes mesquines que crachotaient parfois les nuages d’été. Une pluie d’automne. Une qui ne tombait pas si dru, mais dont le bruit semblable au gargouillis d’un ruisseau faisait plaisir à entendre quand on était au chaud, à l’intérieur.

Les escargots étaient de sortie, traînant mollement leurs corps spongieux vers le parterre qu’elle avait planté avec Frisk, une semaine après leur arrivée. Elle sourit à la pensée de l’enfant lui tendant des bouquets, qu’il tenait enlacés dans ses bras trop courts. Comme cette vision lui avait manqué…

Elle frissonna et tira les pans de son manteau contre elle. Un cadeau d’Alphys. Elle devait être en train de regarder une série avec Undyne, ou de travailler. Toriel sourit. La savoir heureuse l’apaisait. Elle lui apporterait sans doute une tarte bien chaude, pour la remercier de son présent.

– Salut, m’dame.

La voix la fit sourire. Combien de fois ne l’avait-elle pas entendu, avant même de savoir à quoi ressemblait son propriétaire ?

– Bonjour, Sans.

Elle se redressa et se retourna pour le voir.

Le petit squelette râblé abordait ce jour-là un simple sweatshirt sur lequel deux souris parlaient de conquérir le monde. Probablement une référence, il faudrait qu’elle demande à Alphys. Toriel s’inquiétait davantage de le savoir si peu couvert, ce sweat, son éternel short et ses pantoufles ne lui garantissant aucune protection contre un éventuel rhume.

– Tu n’as pas froid ? l’interrogea-t-elle.

– Non, non, ça va, la rassura-t-il avec sa nonchalance coutumière.

– On peut aller à l’intérieur, ce serait sans doute mieux, insista-t-elle, anxieuse.

– Oh non, pas de souci. J’aimerais juste… m’asseoir avec vous ici et discuter un peu. Si je pluie me permettre, ajouta-t-il avec un clin d’oeil complice.

– Joli ! dit Toriel après un éclat de rire. Eh bien, asseyons-nous près des fleurs. J’aime me poser ici de temps en temps, c’est un endroit paisible.

Il s’exécuta. La sensation était en effet exquise : à genoux devant le parterre, sous le ciel gris qui pourtant ne laissait pas échapper la moindre goutte, ils semblaient reposer dans le temps. Dans le moment incertain précédant une éventuelle averse.

– Alors, de quoi veux-tu discuter ?

– Eh bien…

Il se tut. Il observait résolument les fleurs dont les pétales ternes annonçaient la mauvaise saison. Elle avait connu les silences étranges de Sans, ces petits moments de vide pesant où le squelette serein laissait place à un être nostalgique, les épaules tremblant sous le poids de l’univers. Elle lui laissa le temps. Le temps, ils l’avaient.

– Je suis désolé, dit-il finalement. Je… je ne sais pas ce que je fais ici.

Elle attendit encore un peu avant de murmurer :

– Tu n’es pas obligé d’attendre un moment précis pour venir me voir, Sans. Je suis toujours contente de t’accueillir, du moment que tu ne te lasses pas de moi.

– Vous êtes gentille, Toriel, murmura-t-il avec un sourire nerveux. Non, on dirait que je fais encore un de mes caprices. Si je reviens, mettez-moi dehors avec un coup de pied aux fesses, histoire que je me rappelle d’arrêter mes idioties.

– Tu sais bien que je ne le ferai pas, rit-elle doucement en caressant un pétale du pouce.

– C’est pour ça que je reviens à chaque fois, comme un imbécile. Regardez-vous, même vous, ça vous lasse. La première fois, vous étiez inquiète, vous m’avez posé des questions, et je répondais pas. À chaque fois, quand je viens, j’ai tout au bord de la mâchoire, mais ça ne veut pas sortir. Je sais bien que j’ai commencé quelque chose, et j’adorerais revenir en arrière, à un moment où je ne serais pas persuadé de devoir vraiment vous parler.

– Peu importe, Sans. Tu sais que tu ne me gênes pas. Si tu veux dire ce qui te tient à coeur, tu sais bien que, que ce soit maintenant ou dans cent ans, je serais prête à t’écouter. C’est pour toi que je m’inquiète. Ça doit t’oppresser, cette chose que tu as besoin de me dire.

– Oui, confessa-t-il dans un souffle.

– De quoi as-tu peur ?

Il leva le regard vers elle. Deux orbites creuses, simplement animées par de minuscules étincelles blanches, mais que Toriel avait toujours mieux su lire que n’importe quels globes oculaires. Dans ce gouffre noir et blanc, de la terreur. Du chagrin. De la haine.

– De tout, répondit-il.


 

Le soleil caressait de ses rayons le tronc de l’olivier, et réchauffait doucement la fourrure de Toriel. C’était un de ces jours où il faisait bon de ne rien faire, de rester allongé à profiter de la chaleur. Elle aimait l’astre diurne comme elle avait aimé les premiers pas hors des ruines.

C’était la saison des Glaces Gentilly du vendeur ambulant, des grands shows de Mettaton. La belle saison qui mettait Papyrus de belle humeur, plus encore que d’habitude. La saison des balades, des T-shirts, des éclats de rire et de la paresse.

Les fleurs étaient plus éclatantes que jamais. Toriel venait de les arroser, et veillait à présent sur elles depuis son rocking-chair.

– Salut, m’dame.

Elle se redressa, un sourire ravi aux lèvres.

– Sans !

Elle se leva pour aller le serrer dans ses bras. Il lui avait manqué.

– Comment vas-tu ? Viens donc t’asseoir !

Il entra, accepta le thé de fleurs d’or qu’elle lui offrit dès qu’il s’installa à table.

– Merci pour lé thé, ricane-t-il.

Elle gloussa en poussant une boîte de biscuits vers lui.

– Mais de rien, c’été un plaisir.

Il éclata de rire et rétorqua de plus belle. Leurs échanges de jeux de mots lui avaient manqué, tout comme ses petits haussements d’épaules, à chaque plaisanterie, comme pour s’en excuser. Elle était heureuse de pouvoir l’éloigner de ses pensées angoissantes, ne serait-ce que pour quelques minutes. Et il faut dire que la surface lui avait fourni des blagues à n’en plus savoir que faire.

– Tu connais l’histoire du panda ?

– Non, racontez ? rigole-t-il, encore hilare de la blague d’avant.

– C’est l’histoire d’un panda, il en avait marre, donc il se penda.

Il explosa de rire, tapant la table de la paume. Toriel riait de bon coeur aussi. Elle en avait une autre en tête, déjà.

– Oh, attends, écoute, écoute : Répite et répète sont sur un bateau. Répite tombe à l’eau. Qui reste-t-il ?

– Répète, sourit-il.

– Répite et répète sont sur un bateau. Répite tombe à l’eau. Qui reste-t-il ?

– Répète ? murmura-t-il, soudain incertain.

– Répite et répète sont sur un bateau. Répite tombe à l’eau. Qui reste-t-il ?

Elle se sentit soudain mal à l’aise. Elle avait été prise par l’enthousiasme du moment, et n’avait pas autant pesé la blague que nécessaire, pour savoir si elle était si drôle que ça. En voyant l’expression figée de Sans, elle se sentit le besoin d’arrêter ça.

– Pardon, elle était mauvaise, sourit-elle nerveusement.

– Non, non, c’est…

Elle eut l’impression qu’on lui frappait le coeur. Sans venait d’éclater en sanglots. Il prit son visage entre ses mains pour étouffer ces pleurs. En vain.

– Sans, qu’est-ce qu’il se passe ?

Les biscuits s’étaient éparpillés, en miettes et en morceaux. Les tasses de thé secouées avait dispersé des gouttelettes et entouré leur pied d’une auréole chaude. L’odeur familière et apaisante de la maison leur serrait à présent la gorge. Il se redressa péniblement.

– C’est… ce mot. « Répète ». Il y a…

Comment raconter ça ? Comment raconter ce qu’il avait fini par comprendre, dans le déni et la douleur ? Comment raconter combien il avait peur, pour son frère, pour ses amis, pour elle, pour lui ? Combien il avait peur que tout puisse être fini au moindre moment ?

Enfin, ça lui vint. Après toutes ces heures à venir se taire, à réprimer ce que son corps semblait tant vouloir raconter pour lui, il déversa tout. Ce qu’il avait compris de leur monde. De ce qui pouvait être sauvé, et réinitialisé. De Frisk.

– Tout peut finir. À tout moment, et pas seulement à son idée. Tout ce que je dis est tellement futile… on pourrait d’une seconde à l’autre ne jamais avoir eu cette conversation. Il pourrait d’une seconde à l’autre effacer l’endroit où nous sommes, et recréer un monde où nous souffrirons.

Un long silence suivi ces paroles sombres. Toriel était anéantie. Elle leva à peine les yeux quand il prit de nouveau sa tête entre ses mains.

– Je suis un ami épouvantable, gémit-il. Vous pouviez profiter, ne jamais avoir à souffrir de ça, et j’ai tout anéanti. J’ai tout…

Il ne pouvait pas finir sa phrase. Il en avait fini. Il avait jeté son fardeau à quelqu’un qui n’avait rien demandé, et voilà qu’il se sentait pire encore que s’il n’avait rien dit. Et le silence lui faisait tellement mal…

– Qu’as-tu anéanti ?

Il leva faiblement les yeux vers Toriel. Elle était résolue. Remplie de détermination.

– Tu hésitais à me confier cela, je comprends. Tu as pris beaucoup sur toi-même, pour que tout le monde soit en paix, et particulièrement ton frère. Et à ce que j’ai compris, tu as fait ça à chaque vie, même si tu n’en avais jamais conscience.

– Toriel…

Elle pleurait. Elle le regardait droit dans les yeux, un sourire frémissant aux lèvres, mais elle pleurait.

– Qu’y a-t-il de mal à t’épancher une fois auprès d’une amie, si tu en as besoin ?

– Toriel… !

Il se leva d’un bond, sembla dégager la table en la contournant, et se jeta dans ses bras. Elle caressa son crâne, vidée, mais étrangement sereine à la fois.

– C’est fini. Tu ne seras plus seul.

Elle glissa un regard vers la fenêtre, d’où elle pouvait apercevoir le ciel. La peur était là, elle doutait qu’elle puisse un seul jour la quitter, à présent. Mais ils étaient dans le temps incertain précédant l’averse, et il fallait en profiter.

C’était une si belle journée.

Archive (1) : Amok, par Alexis Moncorgé

Date : Octobre 2016

Comme je le fais aujourd’hui, j’étais occupée l’année dernière à rechercher quelques pièces croustillantes à me mettre sous la dent pendant l’année. C’est que ma première année de fac démarrait, ce qui signifiait ma première fois à devoir me fournir mon quota de théâtre mensuel, sans programme préconçu pour m’appuyer.

J’ai consulté le programme d’un théâtre ayant déjà fait ses preuves à mes yeux (soit la Cartoucherie de Vincennes, définitivement mon coin préféré pour le théâtre), mais j’ai également jeté un oeil au théâtre municipal, histoire de. (Car oui, comme un certain personnage du Visiteur du Futur, j’aime mêler l’utile à l’agréable).

Amok m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Remercions déjà l’affiche, qui en montre peu mais qui a fait un boulot efficace, et surtout le bref trailer paru. Croyez bien que si je n’étais pas déjà assez séduite par ce que le mensuel de ma ville m’en vendait (et, spoiler, j’étais déjà assez séduite par ce que le mensuel de ma ville m’en vendait), le trailer a tout à fait effacé tous les doutes que je pouvais encore avoir.

http://www.theatre-video.net/embed/IQi6yOHS

Bonus, cette pièce m’a même donné envie de lire le Stefan Sweig qui prenait la poussière dans ma bibliothèque sans que j’y ait jamais arrêté les yeux avant. Je n’avais lu que Le Joueur d’Échecs de cet auteur, et je ne regrette pas la lecture (bien que je me demande vraiment ce que cet auteur avait avec les voyages en bateau).

Je tiens à préciser que je n’avais jamais rien vu d’Alexis Moncorgé, mais que si je recroise ce nom dans une affiche de théâtre à l’avenir, ce sera moi, l’amok qui me précipiterais pour voir ce que cette pièce donnera. Amok est à l’origine un roman, en l’occurrence un monologue que monsieur Moncorgé a tout de même choisi d’interpréter seul sur scène, jouant également les personnages annexes et prenant à parti le public, qui remplace le protagoniste de l’histoire originale.

Alexis Moncorgé donc, sait non seulement gérer sa palette d’émotions mais également sa galerie de personnages. Je sais qu’au début j’avais un sentiment agaçant de surjeu (« Wow, calme, c’est pas si extraordinaire ce que tu racontes ») mais il sait nous emporter le moment venu. Je pense notamment au passage de description de la salle de bal, où sa voix seule a suffi à me faire figurer la pièce vaste, peut-être même sa lumière, là où la scène n’était qu’un clair obscur encombré de caisses en bois.

De plus, moi qui m’attache tant aux personnages et à leurs noms, d’habitude, je peux dire que pour un homme ne jouant que des personnages anonymes, il a su me convaincre de les apprécier.

Le protagoniste, celui, donc, qui nous raconte toute cette histoire de course folle pour retrouver une femme, est un médecin dans la fleur du cynisme et de la marginalité, un homme troublé et tellement amoureux que son sentiment frôle souvent la folie. Ce n’est pas l’Amour avec un grand A qu’on nous vend au supermarché les 14 février, c’est un amour qu’on a vite fait de comprendre, de situer, qui n’est pourtant pas vraiment nommé (comme les personnages), et qui naît d’un mélange de logique froide et de désir pur. Cette façon de présenter l’amour est plaisante, à mon goût.

Un homme parle seul sur scène pendant deux heures, et toute la route qu’il a parcourue défile sous vos yeux. Voilà ce qu’est l’Amok d’Alexis Moncorgé.

« Epic pixel battle Varys VS Littlefinger » ou « meeuuuuh non, c’est pas du fanservice »

…c’est juste que je m’ennuie souvent entre 23h et 2h du matin, en été.

​Littlefinger : Simple pupille,

Je me suis battu pour ce que je suis

Et aujourd’hui

Je suis à la tête du pays.

Quel ennemi dois-je déjouer maintenant ?

Varys ?? Voilà une fantaisie !

Me retrouver sur le même plan

Qu’un vulgaire pion sans appétit.

Un Stark vola ma Tully :

Le plus grand de mes adversaires


Avant le début de la série

Était déjà six pieds sous terre.

Rappelle-moi le temps que t’as pris

Pour trouver le tien et te le faire ?

Un vieillard tout rabougri,

Ce n’était pas une mince affaire.


Varys : Des oiseaux j’en ai connu,
Mais ils n’étaient pas si loquaces.
Déverse ainsi ton vécu
Et on pourra briser la glace.
Retourne jouer avec ton monde
Et vivre au crochet de gamins,
Mes objectifs, on se les demande
Car je les expose pas pour un rien.
Je fréquente le nain et la reine aimés de tous ;
Tu n’es qu’une seconde main, et, pitié, encore une rousse ?
Tu dilapides des histoires de cul sordides,
Tu es partisan des icebergs mais t’es de loin le moins frigide.
Ça s’est tapé les deux soeurs
Et ça veut se faire pédophile ?
Retourne jouer avec ton Littlefinger,
Et laisse les gosses tranquilles.


Littlefinger : Tu n’es qu’un échelon
Dans l’ascension
De mon ambition.
Je reste en retrait, manipule
On me hait et on m’adule,
J’ai le profil d’un leader, tu n’es qu’une tarentule.
Tu chuchotes aux oreilles
Et te crois important,
Mais tu n’es qu’une ficelle
Aux mains des plus grands.
Tu n’as aucune passion
Excepté donner la réplique,
Tu n’es auprès de Tyrion
Qu’un vulgaire sidekick.
« Messire vous avez besoin d’aide ? »
Tellement coulant, tu m’écoeures,
T’aurais dû crever avec Ned
Si tu aimes autant les fleurs.


Varys : En parlant de Sean Bean,

Ne trouve-tu pas inquiétant

Qu’il meure toujours dans ses films

Et que tu en fasses autant ?

Dans les autres fictions,

Ton visage n’a pas besoin de nom

Pour rappeler aux ados

Qui est le vilain pas beau.

Le statut de “grand homme” que t’a prédit ton ermite

Se révèle aussi présent que ma très regrettée bite.

Tu n’iras pas loin,

Pour toi pas besoin de Dracarys,

Car tu ressembles en tous points

À cette tête brûlée de Viserys.


Littlefinger : Notre ascension nous honore

Mais t’as pas mon talent

Je multiplie les dragons d’or,

Toi tu n’es qu’un mendiant

Tu t’es téléporté à Dorne mais

Ça ne se compare pas

Au deus ex machina

Que constituait mon armée

Au pays des eunuques, tu es de loin le moins épique

Même les Immaculés semblent bien plus uniques

En ôtant les formes

Et rajoutant couilles et cheveux

On a eu ta copie conforme

Mais en cent fois mieux


Varys : Au niveau du sexe

Tu n’es pas plus probant, pourtant tu en as un

Cacherais-tu tes petits complexes

Derrière tes sourires malins ?

Tu me fais de la peine mon pauvre ami

T’es resté sur tes crushs de lycée

T’es qu’un ado mal dégrossi

Et un pauvre malade névrosé

Tu as à ce point hâte

De retrouver ta Cat ?

On peut sentir ton chagrin

Jusqu’aux Contrées de l’Éternel Hiver

Mais donnez-lui une putain

Plutôt que le Trône de Fer !

Cinq lacunes de Game of Thrones

Les univers fictifs, c’est un peu ma seconde réalité, Tumblr ma seconde maison, les blogueurs de Tumblr ma seconde famille. Il est toujours assez plaisant, quand la réalité nous a un peu trop martelé, de faire une pause, voire relativiser. Et pour ça, rien de mieux que les films, spectacles, livres, séries et autres formes d’art racontant des fictions. 

Cependant, dans tous ces univers plaisants où on contemple la vie et ses possibilités à travers d’autres comportements et caractères, il y en a forcément des moins bons que d’autres. Ou du moins présentant des aspects moins aboutis. Et Game of Thrones est selon moi de ces derniers.

Alors bien sûr, ce sera très très subjectif. Je parlerai plutôt des personnages/duos de personnages/ships que de l’univers. Je préciserait ce qui concerne la série, le bouquin ou les deux. Et ça va spoiler sale. Je vous laisse vous mettre à peu près à jour sur la série ❤ et évitez de scroller, le top commence dans quelques lignes.

5) George R R Martin n’aime pas Harry Potter. Et ça c’est pas pardonnable. (Je n’étais pas inspirée pour ce numéro cinq, les autres seront plus fournis, promis).

4) La relation entre Daenerys et Jorah. On continue par du lourd. Alors qu’avons-nous : un chevalier de Westeros condamné pour avoir vendu des esclaves, qui s’est enfui du continent pour ne pas être tué, et qui après avoir juré allégeance à Daenerys refile des informations sur elle à Varys pour pouvoir racheter son pardon. Et il tombe amoureux d’elle. Et elle le friendzone. Et elle découvre qu’il la trahit et le chasse. Et il revient, veut lui prouver sa loyauté, la sauve toussa toussa. Et elle dit qu’elle voudrait l’avoir à ses côtés sur le Trône de Fer. Cette relation est complètement incompréhensible. Il faudrait qu’ils fassent une pause entre deux libérations d’esclaves pour s’expliquer un coup, je pense que leurs shippers en seront ravis.
3) Daenerys, en général. Au fil de l’histoire, ce personnage devient beaucoup trop cheaté pour rester attachant plus longtemps. Les deux premiers intégrales et saisons nous montrent la dernière héritière de son peuple, démunie et horrifiée, qui doit se battre autant qu’elle le peut pour vivre, et sacrifie beaucoup dans le but que les Targaryen reprennent le trône qui leur appartient. Maintenant, qu’a-t-on ? Un personnage au caractère totalement effacé, dont un simple « Dracarys » suffit à anéantir les ennemis et clore les débats. Je trouve ça dommage, et j’espère qu’un retournement de situation, nous permettra de revoir la vraie Daenerys. 

2) Les Stark meurent trop. Ça devrait être leur nouvelle devise. Bon, la remarque est classique, mais vraie : sur une adorable famille de huit Stark (en comptant Benjen), on se retrouve avec seulement la moitié à la fin. Ça semble anodin, mais ce sont des personnages principaux ! La disparition de Benjen pour attrister, ok. La décapitation de Ned pour dispatcher les autres, ok, cette mort était indispensable au scénario. Les Noces Pourpres, ok, ça nous a bien montré la cruauté, Arya étant à deux doigts de les rejoindre et Walder Frey ayant brisé les lois les plus sacrées juste pour prendre son pied. Sans parler de la série qui, si elle nous rend Benjen plus ou moins intact, nous tue Rickon à la place. Je suis heureuse que le livre n’aie pas (encore ?) suivi cette voie. Maintenant, on laisse les autres tranquilles, d’accord ? Ils ont déjà bien assez de problèmes entre bâtards horribles, jambes cassées, pédophiles et crises identitaires.

1) La rivalité entre Littlefinger et Varys. Là, vous devez déjà être en train de vous poser des questions, et je vous rassure, cette partie-là demeure très subjective, voire la plus subjective de tous. Selon moi, Littlefinger et Varys sont deux personnages majeurs de l’histoire, et mes deux préférés. Leurs confrontations sont des tueries à chaque fois. Bien que présentés en retrait, ils se montrent très souvent responsables des grands événements de l’intrigue, et n’oublions pas qu’ils servent les Lannister, soit l’une des plus glorieuses familles de salopards de Westeros. 

Et selon moi, ils se ressemblent énormément : isolés, sans nom significatif, chacun oeuvrant pour se faire une place auprès des grands de Westeros. En somme, deux hommes sans famille, qui ne s’appellent pas Rémi mais qui se sont pas mal baladé dans la vie : le premier parti comme simple pupille des Tully pour se retrouver (en finale (de la ligue des friendzonés (pardon))) lord protecteur du Val d’Arryn et maître d’Harrenhal, le second pauvre comédien pour devenir maître des chuchoteurs. Et ils ont tous les deux un passé kk, accessoirement, puisque Varys s’est un peu fait castrer par un magicien, et Littlefinger blesser presque à mort lors d’un duel pour la main de Catelyn, la femme qu’il a toujours aimé.

Mais c’est justement dans ce passé que réside le problème de leur rivalité, et aussi dans leurs méthodes. À vrai dire, leurs histoires respectives manifestent déjà de leur futur, à mes yeux : Petyr Baelish se bat depuis toujours pour ce qu’il souhaite, alors que Varys, lui, se contente de vivre, voire de survivre. Littlefinger est un homme ambitieux qui joue coups sur coups, Varys, lui, reste passif et en retrait, servant simplement les autres. On parle souvent de leur duel permanent, mais pour moi ce duel n’est pas égal, ce qui est dommage, car en dehors de cela ce duo est vraiment intéressant.

En fait, je dirais même que, là où Varys n’est qu’une boisson lambda, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, Littlefinger est notre tout premier café. Soit on le déteste pour toujours, soit on apprend à l’apprécier. 
Dhiatzs

Le Bac(annale) perdblanc [titre non officiel], feat Minoris et Kachdozone

Parce que même si le côté « blanc » de cette immondice agréable examen n’est plus d’actualité, le stress est toujours là. Et il fallait bien que je mette ce sublime échange de vers travaillés, symbole universel de la détresse terminalère, quelque part.


Kachdozone : À m’asseoir sur l’bac blanc, une semaine, avec toi
Pleurer toute l’eau d’mon corps , tant qu’y’en a..

Dhiatzs : Te parler du bon temps, la première, toussa,
En flippant de concert avec toi
Et réviser un peu l’histoire et la géo
En maudissant la prof dans son dos

Kachdozone : Nous entendre mourir ,
Paske l’bac c’est trop dur
Envie de se cogner contre les murs

Minoris : J’AIM’RAIS PARTIR LOIN DU LYCÉE,
LOIN DES VILAINS PROFS, DES NOTES PÉTÉES,
J’VAIS DORMIR EN HISTOIRE, ÇA VA PASSER,
LA CARTE DE GÉO JE VAIS LA MANGER…

Dhiatzs : Mais non, Minoris, il faut aimer la vie
Et l’aimer même si
L’bac blanc nous soule bien et emporte avec lui notre flemme d’antan
Et nos jours insouciants